néoconservateur France

Blog néoconservateur, soutien de la politique de George W. Bush et au Parti Républicain des Etats-Unis

12 juin 2008

Le déclin de l'amérique est une illusion

drapeau_americain
Par Guy Meillère pour 4 Vérités Hebdo



Pour le meilleur et pour le pire, les Etats-Unis ne sont pas un pays comme les autres. Ils sont nés d'idéaux issus des Lumières européennes, mais leurs parcours à été, assez vite, différent de celui des puissances européennes. Ceux qui ont fondé les Etats-Unis ont fui les persécutions religieuses, les intolérances, les monarchies absolues, l'arbitraire, ou ils ont simplement voulu trouver des opportunités de vivre plus pleinement leur vie. Ils ont fondé une république qui repose sur les mêmes fondements depuis plus de deux cents ans.

Il y eu des incidents de parcours, l'esclavage dans le Sud en un temps où l'esclavage était pratiqué aussi par les puissances européennes dans les Antilles. Il y a eu, surtout, une montée en puissance quasiment irrépressible de cette forme particulière de xénophobie qu'on appelle l'"antiaméricanisme", et on a tout reproché aux Américains, et même le contraire de tout. Ils étaient, disaient les uns, une plèbe dégénérée. On évoqua ensuite, à juste titre, les Etats-Unis comme le pays du capitalisme et la terre la plus hostile aux idées socialistes et communistes.

On parla dans les années 1920 des horreurs du cosmopolitisme américain et de la société de consommation. La légende nationale entretenue par le gaullisme a ancré dans les têtes que la France s'était libérée toute seule ou presque du joug nazi et failli subir le sort effroyable de l'Allemagne (dont l'économie fait peine à voir) en se trouvant réorganisée par l'Amérique : imaginez, une France sans un PCF obtenant 20 % des voix pendant quatre décennies et, qui sait, sans CGT, quel désastre !

Ces dernières années, les thèmes dominants ont été celui de "l'impérialisme" américain, ou du "déclin" des Etats-Unis. La "puissance du futur", ce fut d'abord le Japon, ensuite l'Union européenne : c'est aujourd'hui la Chine. Au temps de Carter, les Etats-Unis n'allaient effectivement pas bien (est-ce pour cela que tant d'Européen gardent une tendresse pour Carter ?), puis ce fut Reagan, qui était censé être un "cowboy de série B" et qui osa dire en 1981 (fallait-il être idiot) que le système soviétique allait s'effondrer. Bush père fut terne et ne resta que quatre ans. Clinton profita de la paix et de la prospérité restaurées par Reagan, et il se conduisit d'une manière qui sembla plaire au pays où le Président Félix Faure qui, dit-on, se rêvait César, est mort Pompée.


George Walker Bush suscita assez vite une détestation frénétique et il est de bon ton de dire que sa présidence fut250px_George_W_Bush désastreuse. On a dit la même chose, par exemple, à la fin de la présidence Truman, mais qui a la moindre mémoire ? On notre que la popularité de Bush est basse, ce qui est vrai, mais on oublie de dire que celle du Congrès démocrate est plus basse encore. Bien sûr, on redit que l'économie américaine va très mal, et on oublie de signaler que, depuis 2001, la croissance a fléchi parfois, mais sans jamais s'interrompre, et qu'un chiffre de chômage de 5 % signifie quasiment le plein-emploi. On oublie de noter aussi qu'à la différence de ce qui se passe en Europe, la natalité se maintient. Il y a plus d'immigrants hispaniques ou asiatiques et ceux à qui une peau basanée écorche les yeux y voient un signe d'apocalypse.

L'économie américaine devient post-industrielle, ce qui implique des changements que certains ne parviennent pas à déchiffrer. Le pétrole est cher, ce qui entraîne des désagréments, mais pas un effondrement économique. La situation en Irak est bonne, ce qui explique pourquoi les médias n'en parlent pas. Le coût de la guerre en proportion du PIB est infime.

Les américains veulent tourner la page d'une période indentifiée avec la tragédie du 11 septembre et parlent de changement. John McCain incarne une recomposition, qui commence à peine, du camp républicain. Barack Obama est un visage neuf sur les idées d'une très vieille gauche : c'est pour cela qu'il plait dans les salons de la vieille Europe. C'est pour cela que je parierais pas un dollar sur lui. Tout comme je ne parierais pas un dollar sur le déclin des Etats-Unis d'Amérique. Comprendre n'est pas facile pour un Européen : ceux qui veulent essayer peuvent lire le livre de Peter Schuck et James Wilson, "Understanding America", qui vient de paraître. Les autres peuvent écouter ce qui se dit dans les salons ...

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04 juin 2008

George W. Bush a été un grand Président

NormanPodhoretzNorman Podhoretz est l'un des pères fondateurs du néconservatisme. Il répondait aux questions du blog drzz.

La présidence de George W. Bush se terminera prochainement. Quel a été, selon vous, son plus grand succès ?

A mon avis, le Président Bush sera reconnu comme un grand président, car il a compris la menace que représente l'islamo-facisme et a élaboré une stratégie pour la combattre.

Pensez-vous spécifiquement à l'Irak ?

La guerre en Irak est un seul champ de bataille d'une guerre planétaire qui couvre plusieurs fronts, dont l'Afghanistan et l'Iran.

Le plus grand succès de Bush a donc été la doctrine Bush elle-même ...

Oui, c'est tout à fait cela. La doctrine elle-même et la manière dont Bush l'a poursuivie.

Comment définir " l'islamo-facisme " ?

Je vois " l'islamo-facisme " comme une bête bicéphale. Sa première tête est plutôt laïque et la seconde religieuse. D'un côté se trouvait le régime de Saddam Hussein et de l'autre le fondamentalisme des Talibans ou la " mollahcratie " iranienne. Ces deux groupes ont forgé une alliance d'opportunité afin de lutter contre le monde libre. Ils cherchent à détruire les valeurs de nos civilisations, surtout la plus fondamentale, notre liberté.

Des critiquent affirment que l'efficacité de Bush a été réduite du fait qu'il na pas suivi deux programmes idéologiques qu'à moitié, sans en conduire un seul à maturation ?

Je suis d'accord avec certaines de ces critiques, qui affirment que le Président n'a pas suffisamment appliqué sa propre doctrine jusqu'à proposer, au final, deux pensées contradictoires. Cela dit, dans le monde réel, les politiciens doivent accepter des concessions stratégiques ...

Vous êtes l'un des pères du néoconservatisme. Ce mouvement est souvent décrié. Comment le définiriez-vous ?

Le "néoconservatisme" se définit par son préfixe "néo". Nous étions un groupe relativement petit d'intellectuels affiliés à la gauche qui, à la fin des années 60, a rejoint les rangs conservateurs parce qu'il s'est révolté contre le pourrissement des idées progressistes. Nous avons reconsidéré nos idéaux et avons décidé de nous ancrer quelque part entre le centre et la droite. Pourquoi "néo" ? Parce que nous représentions la nouveauté pour les conservateurs, et parce que nous leurs avons apporté de nouvelles idées.
L'essence de notre pensée affirmait que l'Amérique incarnait une puissance de Bien dans le monde et qu'elle n'était pas responsable de l'antiaméricanisme, cette haine irrationnelle que notre pays inspirait à l'étranger. Nous défendions les Etats-Unis contre les critiques émises à gauche et nous soutenions un rôle actif de notre puissance sur les affaires du monde, afin de répandre la liberté et la démocratie partout où cela était possible. Nombre de gens qui ont été appelés "néoconservateurs" n'ont rien du tout en commun avec nous.
Bush, Cheney, Rumsfeld, étaient conservateurs et le sont restés toute leur vie. De même, les jeunes "néoconservateurs" n'ont jamais appartenu à la gauche. Ils sont restés dans le même camp tout leur vie. Aussi ne répondent-ils pas à la définition stricto sensu.

Comment interprétez-vous la situation en Irak ?

Depuis le début, je pense que la démocratie en Irak va réussi et nous sommes clairement sur la voie du succès, autant politique que militaire. Al-Qaeda en Irak est presque anéanti, les "Sadristres" ont été affaiblis et l'armée irakienne joue un rôle majeur, comme nous avons pu le constater avec surprise à Bassora. L'Irak a un parlement, un gouvernement élu, une constitution, et le pays avance prudemment, mais graduellement, vers une réconciliation nationale. A terme, cette nation rejoindra le monde libre dans la guerre contre le terrorisme en tant qu'allié des Etats-Unis - autant de changements qui étaient impensables du temps de Saddam Hussein.

Posté par Alan K à 15:09 - Néoconservatisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mai 2008

Le Néoconservatisme

Introduction

Le néo-conservatisme est un courant de pensée politique d'origine américaine apparu à la fin du XXe siècle. L'axe central de la pensée des néo-conservateurs est une revitalisation des valeurs patriotiques à l'intérieur des États-Unis et une politique interventionniste à l'extérieur : les États-Unis d'Amérique doivent être « respectés à travers le monde » et « reconnus comme la nation phare des droits de l'homme et de la démocratie », un principe politique que les néo-conservateurs s'attachent à promouvoir activement. Cette position s'oppose à la doctrine isolationniste.

Histoire

La presse américaine désigne souvent les néo-conservateurs par le diminutif de « neocons ». Très rapidement, les médias ont essayé de rechercher les origines des neoconservatives. Étant donné la perméabilité des institutions américaines (on peut passer de l'université à un poste de conseiller dans l'administration et réciproquement), on a cru reconnaître dans un certain nombre d'universitaires de Chicago l'origine de la pensée politique néo-conservatrice, ainsi que leurs influences principales.

Le néo-conservatisme apparaît véritablement dans les années 1980, quoique l'on puisse trouver des éléments précoces de ce qui peut apparaître comme une école de pensée politique dans les années 1960, autour de personnalités comme Irving Kristol,  Wilmoore Kendall, John M. Olin, James Burhnam, Francis Fukuyama. L'influence du néo-conservatisme a été patente avec Ronald Reagan et sa décision d'engager l'épreuve de force avec « l'empire du Mal », c'est-à-dire l'URSS. Elle l'est aujourd'hui autour de l'administration de Georges W. Bush. 

Ses adeptes sont souvent d'anciens démocrates voire d'anciens trotskistes déçus par l'évolution culturelle et intellectuelle depuis les années 1960. C'est le cas d'Irving Kristol, ou de Martin Diamond spécialiste de la Constitution américaine. En Europe, ce sont plutôt des intellectuels venus de Gramsci et de l'eurocommunisme. C'est le cas d'Yves Roucaute et d'une grande partie de la direction internationale de Institut de l'Europe Libre où se trouvent aussi bien des dirigeants de l'Hudson Institute de Washington que des dirigeants de la revue Azure de Jérusalem. Si de nombreux néoconservateurs sont de confession juive et catholique( Gerson, Mark: 1987: 285), il serait faux de réduire cette vision politique à une approche communautaire. Il est plus juste de dire que les néoconservateurs sont le plus souvent des pro-israéliens proches du Likoud, la droite israélienne, comme expliqué dans l'ouvrage de Didier Chaudet, Florent Parmentier, et Benoît Pélopidas, intitulé L'Empire au Miroir. Stratégies de puissance aux Etats-Unis et en Russie. 

 

Doctrine

Le néo-conservatisme se distingue du conservatisme traditionnel et du néo-libéralisme. Anticommuniste et antifaciste, le néo-conservatisme est né sur le principe de « plus jamais Auschwitz ». Les néo-conservateurs, d’abord engagés en faveur de l’Etat-providence, sont devenus de plus en plus conservateurs dans leur approche générale de la politique, attachant une plus grande importance à l’ordre public et au respect de l’autorité. Les résultats du socialismeà l’étranger ont fait naître chez eux une méfiance à l’égard d’une action sociale volontariste. Toutefois, des divergences importantes séparent les différents membres de ce courant d’opinion. 

Les néo-conservateurs sont hostiles au principe de discrimination positive, à l'« égalitarisme culturel » et au « relativisme moral », fondés sur des thèses issues de la sociologie et de la post-modernité. S'ils admettent le libéralisme économique et s'ils privilégient les politiques compassionnelles inter-individuelles, ils admettent l'intervention de l'État au nom de la morale (thèses de Kristol et de Roucaute). Ils ne sont pas opposés à une immigration contrôlée. 

Ils défendent la puissance militaire des États républicains dans les relations internationales afin d'asseoir un nouvel ordre international. Contre Henry Kissinger et son principe de l'équilibre des pouvoirs par la terreur, ils opposent la paix par le consensus moral. Dans un manifeste publié en 1996 par leur think-thank intitulé Project for the New American Century, ils exposent leurs principes en quelques points :

  • refus du déclin de la puissance américaine parce qu'elle est la première puissance républicaine du monde ;
  • empêcher l'émergence d'une puissance rivale ;
  • revalorisation de l'outil militaire pour répondre aux agressions ;
  • fin de la « complaisance » envers les dictatures ;
  • clarté morale et hégémonie bienveillante.

Les néo-conservateurs prétendent vouloir un nouvel ordre international qui soit celui de la liberté, selon les conceptions venues de Kant. Ils critiquent l'ONU qu'ils accusent d'immoralité, d'incompétence, de gabegie et de corruption. Aux grandes conférences internationales, ils préfèrent des coalitions plus réduites selon le principe « la mission définit la coalition ». Ils soutiennent Israël. 

Le néo-conservatisme américain est avant tout une critique assez générale d'une double attitude :

  1. Dans l'horizon de la morale, ils refusent le relativisme et le laxisme. Le développement de l'individualisme subjectif dans les démocraties occidentales, surtout après la Seconde Guerre mondiale a conduit les individus à revendiquer pour eux-mêmes une liberté totale et à revendiquer la protection de leurs inclinations par des droits. Les néo-conservateurs pensent que les devoirs sont le corolaire des droits, et ils s'opposent à la confusion des Droits des citoyens (négociables) et des Droits de l'homme (non négociables).

  2. Dans l'horizon politique, contre l'individualisme subjectif qui perd de vue le lien politique et le fait que l'existence humaine ne serait que pur hasard  s'il n'y avait pas de constitution politique, ils affichent la nécessité de partir de la Cité et du bien public. C'est la raison pour laquelle les néo-conservateurs américains sont attentifs à la manière dont a été élaborée la Constitution américaine et aux influences sur celle-ci du libéralisme anglais.

Composition

Les néo-conservateurs n'appartiennent pas spécifiquement à un parti politique. Certains sont proches des républicains, d'autres du Parti démocrate, comme Richard Perle. La plupart sont plutôt républicains et, dans les pays où la scène politique se sépare en droite et gauche, ils sont plutôt à droite. Mais nombre de néo-conservateurs ont soutenu Tony Blair. 

Le « mouvement » néo-conservateur est très divers dans ses activités, allant de l'enseignement universitaire sur Aristote à l'examen attentif des enjeux politiques liés aux activités des groupes islamistes au Moyen-Orient (L. Murawiec, G. Millère), en passant par le conseil politique ou le journalisme (Wall Street Journal…). Bien entendu, certains néo-conservateurs ont une activité politique professionnelle, telle l'ancien professeur de l' Unisversité de Stanford Condoleeza Rice.

Influence

Les néo-conservateurs sont l'un des groupes ayant une influence sur le gouvernement de George W. Bush.

Partisans dès 1998 du renversement de Saddam Hussein, ils sont les principaux inspirateurs de la guerre en Irak lancée par les Etats Unis en mars 2003. Pour eux, cette guerre se justifie par le principe de la théorie des dominos : la mise en place d'un régime démocratique à Bagdad aurait un effet sur les pays voisins contraints à se démocratiser et à se libéraliser. Le but est la paix au Moyen-Orient, par le biais d'un projet de « remodelage du Grand Moyen-Orient » et de la  doctrine Bush. La mise en place d'une nouvelle direction palestinienne en janvier 2005 et les premières élections municipales démocratiques en Arabie Saoudite sont selon les néo-conservateurs le résultat de cette politique. 

Néanmoins, cette vision des néo-conservateurs est souvent qualifiée d'idéologique, ignorante des diversités régionales, des groupes ethniques et des différences religieuses. Elle a débouché sur une situation imprévue dans laquelle s'est enlisée l'armée américaine en Irak.

L'influence des néo-conservateurs s'est nettement affaiblie après les échecs en Irak et les victoires des démocrates au Congrès, lors des élections de mi-mandat. Plusieurs néo-conservateurs dont Donald Rumsfeld ont dû quitter le cabinet.

Posté par Alan K à 16:47 - Néoconservatisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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