néoconservateur France

Blog néoconservateur, soutien de la politique de George W. Bush et au Parti Républicain des Etats-Unis

06 août 2008

Pourquoi McCain peut gagner

Dans mon dernier bloc-notes, je m’étonnais du peu d’empressement des médias à admettre la défaite d’al-Qaida en Irak  (qui signe encore, néanmoins, quelques attentats) et donc la victoire des Etats-Unis. Or, l'évidence commence à ébranler les récitations sur le "chaos" et le "bourbier" irakien. Vendredi, Libération constatait, dans un papier en bas de page: "Il est trop tôt pour le dire de façon certaine, mais il semble bien que les Etats-Unis ont remporté la guerre contre al-Qaida en Irak (..)". Ce week-end, dans Le Figaro, mon excellent confrère Alexandre Adler, familier des solitaires chemins de traverse, titrait sa chronique : "Les bons points de George W. Bush", ce qui donne de l’urticaire à la légion des anti-bushistes convaincus que l’Histoire l’a déjà oublié.

Ceux-là assurent, dans la foulée, que le rejet de la politique "néoconservatrice" est tel que Barack Obama ne peut que gagner la présidentielle américaine. "Pourquoi je parie sur la victoire de Barack Obama", soutient Bernard-Henri Lévy, dans son bloc-notes du Point du 3 juillet. Nicolas Sarkozy déclare, accueillant à Paris le candidat démocrate: "Obama, c’est mon copain", ce qu’il s’est gardé de dire du républicain John McCain. La majorité des médias réagit comme si la victoire d'’Obama était acquise, en lui consacrant une place et une écoute prépondérantes. Les sondages, qui soulignent régulièrement l’écart entre les deux hommes, encouragent cette pensée unique, spécialité française que l'Europe semble vouloir adopter.

Pourtant, je persiste à penser que John McCain peut gagner. La "révolution conservatrice", qui porte les Républicains depuis Ronald Reagan, n’a probablement  pas fini sa course, contrairement à ce que laisse entendre BHL. J’observe d’ailleurs qu’Obama, après s'être opposé à l'efficace renfort des troupes en Irak, est en train de se faire plus bushiste que Bush, en réclamant la peine de mort pour les violeurs d’enfants, en se disant favorable au port d’armes et aux écoutes téléphoniques, en reconnaissant le rôle des communautés religieuses dans les aides sociales ou, dans son discours de Berlin du 24 juillet, en appelant les Européens à renforcer leur combat ( "le travail doit être fait") contre les talibans et al-Qaida en Afghanistan. Obama, talentueux illusionniste ?

Par Ivan Rioufol

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2008/08/dans-mon-dernier-blocnotes-je.html



24 juillet 2008

Faut-il remercier Jack Lang ?

langMerci qui? Merci Jack Lang! La droite lui doit d’avoir contribué à faire passer, sur le fil, la réforme de la Constitution. La III è République est ainsi née à une voix près (la condamnation à mort de Louis XVI également), comme le rappelait Rage dedans, dès lundi soir (post de 23h11), dans une de ses excellentes Lettres persanes. Il est vrai que le parti socialiste s’est montré très sot, en refusant de voter une réforme  limitant les pouvoirs du président et renforçant ceux du parlement. Alors qu’il ne cesse de dénoncer l’ "hyperprésidence" et la "monocratie", quand ce n’est pas la "monarchie élective" ou le "despotisme éclairé"  de Nicolas Sarkozy, on cherche vainement la logique de son refus. La gauche, dans son antisarkozysme têtu, est bien devenue la plus bête du monde.

Lang sera récompensé par Sarkozy, qui lui doit une belle victoire. Le président ira-t-il jusqu’à lui proposer un poste ministériel ? La possibilité av ait déjà été caressée du temps de l’ouverture (dont on voit à quel point elle a radicalisé la gauche). Elle pourrait resurgir lors d’un prochain remaniement. Or, l’originalité de Lang ne peut faire oublier son désastreux passage à l’Education nationale, où il aura accompagné la déculturation (1)  de l’institution. Semblablement, sa politique de démocratisation de la culture aura surtout contribué à son nivellement et aux impostures commercialo-artistiques, qui conduisent aujourd’hui un Jeff Koons à exposer notamment, avec les encouragements des médias, un gigantesque homard dans une des salles du château de Versailles…

Or, comme le fait remarquer Lang lui-même, le texte a été adopté "par deux voix de majorité, et non pas une seule". La droite, qui depuis lundi se dit débitrice et ne cesse de le remercier pour sa dissidence, ne lui doit donc rien, sinon d’avoir mis la zizanie au PS. Ce petit plaisir n’oblige pas la majorité a en faire plus que nécessaire. Alors, oui: merci Jack Lang ! Et basta !

Source : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/

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07 juillet 2008

Gilad Shalit, cause indéfendable ?

Gilad_shalitExisterait-il une hiérarchie entre les otages de mouvements terroristes ? Si l'opinion s'est passionnée jusqu'à l'excès pour la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue durant plus de six ans par les FARC, elle ne porte aucun intérêt au sort du jeune soldat, franco-israélien, Gilad Shalit. Ce dernier a été enlevé en juin 2006 par le Hamas et il est détenu depuis à Gaza. Il y a un an, deux élus UMP de Paris (Martine Weill-Raynal et Jacques Bohbot) avaient demandé, en vain, au maire de Paris, Bertrand Delanoë, de placer le portrait de Shalit à côté de celui de Betancourt (accroché en 2004 et enlevé vendredi soir), sur la façade de l'Hôtel de Ville. Ne serait-il pas temps de réparer cette injustice ?

"Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat Shalit et pour ses parents. Nous ne l'oublions pas", avait déclaré Nicolas Sarkozy, dès l'annonce, mercredi soir, de la libération d'Ingrid Betancourt par l'armée. Mais la gauche pacifiste, qui n'a jamais caché ses indulgences pour la "guérilla" des FARC et leur idéal guévariste, a de semblables compréhension pour "l'activisme" du Hamas face à Israël. Le comité de soutien à Ingrid Betancourt, le chanteur Renaud en tête, avait toujours prôné la négociation avec les terroristes, en faisant passer le président Alvaro Uribe pour le responsable du sort des otages. Cette stratégie a été spectaculairement démentie. Néanmoins elle du soldat Shalit une cause indéfendable pour les professionnels de l'indignation.

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2008/07

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05 juillet 2008

Pourquoi l'Europe doit changer de cap

EuropePar Ivan Rioufol

Nicolas Sarkzy a raison. "Ca ne va pas du tout." Il ya eu erreur dans la façon de construire l'Europe", a-t-il reconnu, lundi sur France 3. Mais le président s'est gardé d'aller au bout de l'analyse. Elle l'aurait conduit à reconnaître que son tour de passe-passe, faisant approuver par le Parlement, en février, un texte proche de celui rejeté en mai 2005 par 55 % des français, avait aggravé la méfiance du peuple. Pourquoi ne pas renoncer au traité de Lisbonne ?

Les élites doivent admettre leur tort. Leur Union européenne, monstre sans âme, ne dit rien aux gens. Comment se reconnaître dans une pondeuse d'interdits ? Ce sont d'ailleurs les pays de l'Est, qui ont connu les délices de l'Union soviétique, qui pressentent le mieux les risques de Bruxelles, monument de technocratie et de politiquement correct. Le président polonais Lech Kaczynski a annoncé, mardi, qu'il ne ratifierait pas le traité. Le tchèque Vaclav Klaus pourrait le suivre.

Ce texte de Lisbonne, rejeté par les Irlandais comme le fut son clone il y a trois ans, est au moins à réécrire. Philippe de Villiers suggère, dans le Figaro, "un traité refondateur". C'est une piste. Le chef de l'Etat veut, plus concrètement, une "Europe qui protège". Il a raison. Mais cette réflexion s'imposait dès 2005. "Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir", disait Rivarol. Faut-il qu'ils hurlent pour changer de cap ?

Nicolas Sarkozy a six mois, le temps de sa présidence de l'Union, pour tenter de redonner, en dehors du traité de Lisbonne, un souffle à l'Europe familière, telle qu'elle était déjà vécue sous l'Ancien Régime. L'environnement ou l'immigration sont des dossiers qui peuvent susciter de possibles efficacités, même si le pacte sur l'immigration proposé par l'Elysée est contesté par l'Espagne, comme la baisse de la TVA sur le pétrole.

"Dans une Europe à l'épreuve, nous devons faire la preuve de l'Europe", explique José Manuel Barroso, président de la Commission. Le défi peut être gagné à condition de redonner de l'air aux nations. L'Organisation mondiale du commerce ne peut imposer ses vues à l'agriculture, pas plus que n'est légitime la décision, mardi, de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union d'harmoniser la protection des homosexuels. Les peuples veulent être libres de leurs lois, de leurs choix, de leurs droits, de leurs voix. Capito ?

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03 juillet 2008

Les leçons de la libération d'Ingrid Bétancourt

rioufol Inutile de tourner autour du pot, comme a pu le faire Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, ce jeudi matin sur RTL, en commentant la libération d'Ingrid Bétancourt : "La première leçon que je tire de cette libération, c'est que la pression internationale, ça marche", a-t-elle déclaré. En réalité, la franco-colombienne, détenue depuis plus de six ans par les terroristes  des Forces armées révolutionnaires de colombie (FARC), a été sauvée (et avec elle quatorze autres otages) grâce à la politique de fermeté d'Alvaro Uribe, décrié en France. Et cette constatation est dure à avaler pour tout un mouvement d'opinion qui avait fait du président colombien, fidèle allié des Etats-Unis, le responsable de l'intransigeance de la guérilla marxiste. Quelques heures avant l'heureux dénouement, le candidat républicain à la présidentielle américaine, John McCain, félicitait d'ailleurs Uribe pour sa politique.

Les faits obligent à admettre que ce n'est pas l'option française de la négociation avec les FARC, menée à la fois par l'intermédiaire du président vénézuélien coqueluche des altermondialistes, Hugo Chavez, et plus directement par le président Nicolas Sarkozy lui-même s'adressant par deux fois au chef du mouvement terroriste (aujourd'hui décédé), qui a eu raison du calvaire des otages. Reste aujourd'hui à s'interroger sur les dessous politiques de cette diabolisation d'Uribe et sur la part réelle qu'a pu jouer l'impressionnante mobilisation française pour Ingrid Bétancourt, remarquablement soutenue par sa famille et ses amis. Mais cette valorisation médiatique de l'otage n'avait-elle pas contribué à augmenter sa "valeur marchande", aux yeux de ses geôliers ?

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02 juillet 2008

L'Armée blessée

eocm_logo2Quand Nicolas Sarkozy avait comparé, en octobre 2007, les magistrats de la Cour de cassation à "des petits pois", qui "se ressemblaient tous", les juges avaient encaissé la vacherie. Mais l'Armée à le sens de l'honneur que n'a plus la justice. En démissionnant, mardi, de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche a répondu à une humiliation infligée par le chef de l'Etat. "Vous êtes des amateurs ! Vous n'êtes pas des professionnels !", avait déclaré la veille, à Carcassonne, Nicolas Sarkozy, en pointant du doigt le général et en refusant de saluer les gradés, à propos de la bavure d'un militaire ayant tiré à balles réelles sur le public (17 blessés) lors d'une simulation de fusillade.

Cette inexcusable faute d'un serget, rendu possible par d'évidents manques de vigilance, méritait la colére du chef des Armées qu'est le chef de l'Etat. Elle ne méritait pas pas ce mépris pour une profession dévouée à la défense de la nation et toujours habitée par des valeurs de courage et de dévouement qui n'existent plus guère ailleurs. "Le président de la République a parlé de l'incident et n'a jamais visé l'institution", a expliqué Hervé Morin, ministre de la Défense, ce mercredi matin sur Europe 1, en tentatn d'apaiser le malaise. "Le 3e RPIMa de Carcassonne est un régiment formidable, c'est un des grands régiments de l'armée française". Dans ce cas, il ne fallait pas accepter la démission du général Cuche. L'Armée est-elle entrée en dissidence ?

Posté par Alan K à 12:00 - Le Bloc-note d'Ivan Rioufol - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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