24 juillet 2008
Faut-il remercier Jack Lang ?
Merci qui? Merci Jack Lang! La droite lui doit d’avoir contribué à faire passer, sur le fil, la réforme de la Constitution. La III è République est ainsi née à une voix près (la condamnation à mort de Louis XVI également), comme le rappelait Rage dedans, dès lundi soir (post de 23h11), dans une de ses excellentes Lettres persanes. Il est vrai que le parti socialiste s’est montré très sot, en refusant de voter une réforme limitant les pouvoirs du président et renforçant ceux du parlement. Alors qu’il ne cesse de dénoncer l’ "hyperprésidence" et la "monocratie", quand ce n’est pas la "monarchie élective" ou le "despotisme éclairé" de Nicolas Sarkozy, on cherche vainement la logique de son refus. La gauche, dans son antisarkozysme têtu, est bien devenue la plus bête du monde.
Lang sera récompensé par Sarkozy, qui lui doit une belle victoire. Le président ira-t-il jusqu’à lui proposer un poste ministériel ? La possibilité av ait déjà été caressée du temps de l’ouverture (dont on voit à quel point elle a radicalisé la gauche). Elle pourrait resurgir lors d’un prochain remaniement. Or, l’originalité de Lang ne peut faire oublier son désastreux passage à l’Education nationale, où il aura accompagné la déculturation (1) de l’institution. Semblablement, sa politique de démocratisation de la culture aura surtout contribué à son nivellement et aux impostures commercialo-artistiques, qui conduisent aujourd’hui un Jeff Koons à exposer notamment, avec les encouragements des médias, un gigantesque homard dans une des salles du château de Versailles…
Or, comme le fait remarquer Lang lui-même, le texte a été adopté "par deux voix de majorité, et non pas une seule". La droite, qui depuis lundi se dit débitrice et ne cesse de le remercier pour sa dissidence, ne lui doit donc rien, sinon d’avoir mis la zizanie au PS. Ce petit plaisir n’oblige pas la majorité a en faire plus que nécessaire. Alors, oui: merci Jack Lang ! Et basta !
Source : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/
La scandaleuse affaire Auto Plus
Sans aucun esprit corporatiste, quelques mots d'indignation pour dénoncer "l'affaire" Auto Plus.
Les locaux de ce magazine ont fait l'objet d'une perquisition de plus de huit heures, mardi, de la police judiciaire de Versailles. Des ordinateurs et des documents ont été saisis. Le même jour, un journaliste de cette revue spécialisée a été appréhendé chez lui, peu après 6 heures. Il est toujours en garde à vue à l'heure où j'écris ces lignes. Il pourrait être mis en examen.
Cette scandaleuse action, digne de l'époque du père Joseph, l'éminence grise de Richelieu, est l'aboutissement d'une plainte contre X déposée en août 2007 par Renault. Le constructeur automobile n'a pas apprécié la publication, l'année dernière, de photos et d'informations sur un projet de petit véhicule. L'informateur présumé du journaliste, un salarié de Renault, a été mis en examen la semaine dernière.
Que ce dernier soit inquiété, pourquoi pas. L'obligation de réserve et l'esprit d'entreprise sont des notions sans le respect desquelles la bonne marche et les performances d'une société seraient compromises. Mais que Renault lave son linge sale en famille.
Auto Plus et son reporter, eux, ont fait leur travail : enquêter. Si le métier d'informer doit se réduire à la reproduction de communiqués officiels, autant décréter sa suppression et transformer les journalistes en officiers ministériels. Trop souvent, aujourd'hui, on confond communication et information.
La protection des sources des journalistes doit être défendue à tout prix, si l'on veut que la presse remplisse sa vocation, survive. Un projet de loi, en discussion au Parlement, doit la garantir. Sauf exception : "impératif prépondérant d'intérêt public". On cherche, en vain, l'intérêt public dans cette affaire, qui concerne d'ailleurs une entreprise privée. Christine Lagarde, ministre de l'Economie, n'est pas de cet avis. Elle fait fausse route.
Source :http://blog.lefigaro.fr/threard/